20 nov. 2008

Entrez dans la danse


Le Cutting, en musique et en images, dans cette video qui a été filmé à Las Vegas lors du South Point Casino Futurity en 2007.




Plusieurs angles de caméras, pour que vous profitiez de toutes les facettes de ce sport formidable et que vous puissiez mesurer le talent des chevaux de Cutting.


PLAY MO BILL : FRECKLES PLAYBOY par CUTTER MO BILL


Une video qui illustre un cheval de cutting de légende : le fameux PLAY MO BILL. Devant le run, noté 80 points, de ce superbe cheval monté par Cutting Bob, vous comprendrez tout du Cutting. 

Le cheval entre dans le troupeau, il sort un groupe de vache et le conduit hors du troupeau au centre de l'arène. Le cavalier désigne ensuite un veau et l'isole avant de poser sa main. Le cheval travaille alors seul et se déplace pour empêcher le veau de rejoindre le troupeau. Le cheval et le cavalier sont assistés par 4 autres cavaliers : les deux herd-holders qui gardent le troupeau et les deux turn-backs qui rabattent le veau travaillé. Le travail s'arrête quand le cavalier lève la main, il peut alors retourner dans le troupeau pour choisir un autre veau. 



Rien de plus simple à comprendre que le Cutting avec des professeurs du niveau de Cutting Bob et PLAY MO BILL !

Deux minutes trente avec un juge


De façon à mieux comprendre comment sont déterminé les scores en Cuting, la NCHA a réalisé un DVD qui nous place aux cotés d'un juge dans le "Judge Stand". Ce DVD, sobrement intitulé "Inside the Judge Stand", peut être commandé sur le site de la NCHA. Il comporte des vidéos de runs de Cutting  commentées par des juges qui expliquent comment ils déterminent la note attribuée à chaque run. 

Video commentée : run noté 74 points

Dans la vidéo suivante, le juge Bronc Willoughby commente un run de Tag Rice auquel il accorde un score de 74 :



Sur la première vache, le juge apprécie le tri propre réalisé par le cavalier. Il commente le travail du cheval en soulignant qu'il aime la façon dont il se déplace. Il stoppe très fort et il tourne en étant très près du sol. C'est selon lui comme cela qu'un cheval de Cutting doit travailler et c'est ce qu'il veut voir. Il apprécie la force, le style et l'intelligence du cheval. A l'issue de cette première vache, il évalue le run content à + 4 points avec des + pour le style du cheval et en contrôle de la vache. Celle-ci reste au centre car le cheval vient bien la stopper des deux côtés. Bronc Willoughby accorde 74 points à cet instant du run. Le deuxième tri est également très bon selon lui. A nouveau, il insiste sur l'eye appeal du cheval en expliquant qu'il démontre sa rapidité, sa force, son intelligence et son style en travaillant très près du sol. Le juge remarque également que le cavalier témoigne du courage à la fin de cette seconde vache en ne la quittant pas alors qu'elle lui tourne le dos. Le crédit reste à + 4 après cette seconde vache. Alors qu'il reste seulement 12 secondes, le juge apprécie la prise de risque du cavalier qui pose sa main alors qu'il reste une autre vache à proximité du cheval. Pour évaluer finalement le contenu de ce run, Bronc Willoughby souligne la qualité du cheval et la façon dont Tag Rice a bien monté ce run. Il regrette juste que le cavalier n'ait pas quitté assez proprement la deuxième vache puisque le cheval a eu un mouvement de recul et a refusé de tourner au moment ou le cavalier a levé sa main. La note finale est donc de 74 avec + 4 points de crédit grâce à des + sur les trois vaches pour le herd work, l'eye appeal et le contrôle de la vache. En quittant mieux la deuxième vache, le score aurait même pu monter à 75 points. 

Vidéo commentée : run noté 69 points

Dans cette seconde vidéo, le même juge Bronc Willoughby commente un autre run qui est noté cette fois 69 points.



Le cavalier réalise sa deep cut dès le premier tri et il sort rapidement une vache avec un tri que le juge estime dans la moyenne. Sur un des premiers mouvements, le cheval se met hors de position en dépassant trop la vache à sa droite et il est en retard à gauche. Le juge le sanctionne pour ce retard d'un miss. Le cavalier quitte très tôt dès que la vache lui tourne le dos. Le juge estime que le run est mal parti avec un point de pénalité pratiquement dès le départ. Le run content est moyen et le juge l'évalue donc à 0 ou à -1. A l'issue de cette première vache, le score est de 68 ou 69 avec une pénalité de 1 point. Le deuxième tri est à nouveau moyen puisque le cavalier choisit une vache qui passe devant lui, il ne démontre pas sa qualité dans les tris. Le cheval bouge fort mais il n'est pas bien synchronisé avec la vache. Ses déplacements ne sont pas assez propres pour bien contrôler le veau et à nouveau il se retrouve hors de position à droite et il doit poursuivre la vache sur toute la largeur de l'arène pour rattraper son retard. Il se jette même en avant en tournant ce qui diminue la qualité de son run content. A l'issue de cette deuxième vache, un hors position lui vaut à nouveau un point de pénalité et le run content reste proche de 0. Le juge estime que le cheval est bon mais qu'il n'est pas très bien monté sur ce run. Le score est de 68. Le troisième tri est meilleur, mais le juge estime que ça ne vaut pas encore un + en Herd Work. Il note que le cheval est mieux synchronisé avec la vache, ses déplacements sont plus propres et le style du cheval s'exprime mieux. Selon Bronc Willoughby, les deux premières vaches vont vraiment pénaliser ce run car la troisième vache est  le meilleur passage durant ces 2 min 30. Le cheval utilise bien ses oreilles, il est monté reines longues et tout est beaucoup plus propre. Le degré de difficulté reste néanmoins trop faible pour faire décoller ce run. Au final, le run content remonte avec la troisième vache mais avec un miss sur la première vache et un hors de position sur la seconde, le cheval totalise deux points de pénalité. De plus le cavalier a quitté la deuxième vache le long de la barrière. La troisième vache fait remonter le run content à + 1 mais avec un total de 2 points de pénalité le score final ne remonte pas au delà de 69 points pour ce cavalier. 

L'heure du jugement


Le Cutting est un sport qui fait appel à un juge pour départager les concurrents. Lors les deux minutes trente que dure un run, il faut arriver à démontrer la qualité de son cheval à ce juge qui doit établir un classement au terme de l'épreuve en appliquant pour cela les règles éditées par la NCHA. Ce juge évalue, selon des critères bien précis, la performance de chaque cavalier. 

Des juges approuvés

Les concours NCHA, les Aged Events comme les Week-end Shows, font appel à un ou plusieurs juges qui détiennent la carte de juge NCHA. Il existe aujourd'hui plus de 400 juges NCHA dont certains ont jugé dans leur carrière 500 concours. Les petits concours font souvent appel à un seul juge alors que les plus grands, comme le NCHA Futurity ou les NCHA Super Stakes, font appel à 5 juges. En Europe, 25 cutters possèdent la carte de juge NCHA et peuvent juger des épreuves de Cutting.

Pour devenir juge NCHA, il faut passer un test qui en cas de succès décerne la carte de juge. Pour se présenter à cet examen, il est obligatoire d'être membre de la NCHA depuis plus de 5 ans et il faut totaliser au moins $ 50 000 de gains en concours. Ce système permet de s'assurer que les juges NCHA ont déjà monté des chevaux de Cutting et comprennent les nombreuses subtilités de ce sport. En Europe, cette limite a été modifiée pour permettre à plus de cutters de passer l'examen. L'examen se compose d'un test écrit sur les règles du Cutting auquel il faut obtenir une note d'au moins 80 points ainsi que trois tests pratiques où on demande au candidat de juger en live ou sur video une épreuve de cutting. Il faut obtenir à chacun de ces trois tests au moins 75 points. Les candidats, avant de passer l'examen, reçoivent une formation sur les règles du Cutting et sur le jugement. 


Les juges NCHA sont classés selon leur niveau : du niveau AA au niveau AAAA qui désigne les juges les plus expérimentés qui peuvent officier sur les concours majeurs. Pour accéder directement au niveau AAA en passant l'examen, il faut totaliser au moins $ 100 000 de gains. Il est également demandé aux juges NCHA de juger un nombre minimum d'épreuves chaque année, 3 concours pour un juge AA, sous peine de se voir déclassé ou même destitué de la carte de juge. Tous les deux ans, les juges NCHA doivent repasser un test et participer à une réunion sous la direction du Directeur des juges durant laquelle sont abordées les question relatives à l'évolution du sport, l'interprétation des règles ou les consignes en matière de jugement. 

Une feuille de juge codifiée

Pour évaluer la performance d'un cutter, le juge NCHA va remplir, durant le passage de ce cavalier, une feuille de jugement codifiée qui a été mise en place par la NCHA et utilisée sur tous les concours de Cutting. L'utilisation  de cette feuille de juge assure que chaque concurrent est évalué selon les mêmes critères. Elle se compose de deux parties distinctes : une partie qui évalue ce qu'on appelle le "run content", c'est à dire la qualité du travail présenté par rapport à un ensemble de critères bien précis, et une partie qui liste les différentes pénalités qui peuvent sanctionner le passage du concurrent. 

A partir de l'évaluation de ce run content et des éventuelles pénalités, le juge détermine le score du concurrent. Ce score est compris entre un minimum de 60 points et un maximum de 80 points qui représente le run parfait. Un score de zéro est possible dans certains cas, comme par exemple si le cavalier abandonne et quitte l'arène avant la fin des 2 minutes 30. A la fin de l'épreuve, le juge signe la feuille qui est affichée pour que les concurrents puissent comprendre et analyser leur note. Cette feuille de jugement est ensuite envoyée au terme du concours à la NCHA qui enregistre les résultats définitifs.

L'évaluation du Run Content

La principale mission du juge est d'évaluer le contenu du passage de chaque concurrent à  la lumière de certains critères bien précis. C'est l'évaluation de ce contenu, par rapport à des critères fixes, qui va permettre au juge de déterminer la note. Chaque concurrent entre dans l'arène avec un score de 70 points qui représente la note moyenne. Par note moyenne, on entend la note d'un run dont le contenu est considéré comme moyen sur chacun des différents critères. A mesure que le cavalier va travailler ses vaches, le juge va lui accorder du crédit à partir de l'évaluation qu'il fait du travail présenté. Ce crédit peut être positif si le concurrent respecte l'ensemble des critères qui définissent un bon run ou bien négatif si son travail ne respecte pas ou respecte mal certains de ces critères. 

Pour évaluer le run content, le juge observe donc le passage du concurrent au regard de plusieurs critères. La qualité des tris appelé "Herd Work", la capacité à contrôler la vache travaillée, le degré de difficulté proposé par la vache travaillée, le style du cheval appelé "Eye Appeal", la durée durant laquelle chaque vache est travaillée, le courage témoigné par le cavalier vont par exemple servir à déterminer la qualité du run content et donc les points de crédit négatifs ou positifs que le juge va accorder au concurrent. Par exemple, si je travaille des vaches très vives en les gardant au centre de l'arène, que mon cheval réalise de beaux mouvements, le juge va évaluer mon run content en donnant du crédit positif sur les trois critères suivants : degré de difficulté, contrôle de la vache ainsi que eye appeal.


Pour chaque critère, le juge va remplir sur sa feuille une appréciation : un + si il estime que le travail proposé est dessus de la moyenne sur ce critère, un - si il est en dessous de la moyenne ou un "average" si le juge estime qu'il est dans la moyenne. Sur le critère du tri par exemple, si je trie mes vaches dans le calme, en désignant clairement quelle vache je choisis et en la sortant bien du troupeau avant de commencer à la travailler au milieu, le juge va me donner un + pour chaque tri dans la case  "herd work". Si au contraire, je me bats avec mon cheval et que je trie en agitant le troupeau le juge me donnera un - sur cette partie de mon run content. A partir de ces -, de ces + ou bien de ces averages annotés dans les cases pour chaque critère, le juge va déterminer le crédit global  qu'il m'accorde pour le contenu de mon run. Des + sur plusieurs critères peuvent ainsi me donner 2 ou 3 points de crédit par exemple, des - sur plusieurs critères peuvent au contraire me retirer plusieurs points. Le run content est en résumé une évaluation globale du travail proposé. Il détermine le crédit que le juge va ajouter ou déduire aux 70 points de départ pour arriver à la note finale. Ce run content évolue sans arrêt au cours des 2 minutes 30. Un bon tri sur la première vache peut me rapporter un + en "herd work" qui sera annulé par un - si mon deuxième tri est mauvais. Les meilleurs scores sont obtenus lorsque le run content évolue positivement tout au long des 2 min 30. Un juge cherche à voir un travail qui va crescendo car il va donner du crédit positif tout au long des 2 min 30. C'est ainsi que sur ce type de run, le cavalier peut entrer avec 70 points et sortir avec un score final de 76 points.  Le juge  aura dans ce cas attribué un total + 6 points de crédit pour le run content. 

Les pénalités

Nous venons de voir comment est évalué le run  content par le juge et comment le juge en déduit le crédit qu'il donne ou qu'il retire aux 70 points de départ. Cela implique qu'on peut obtenir une note finale de 68 ou de 67 points sans qu'aucune pénalité ne soit sanctionnée. Il suffit pour cela que le juge estime que le contenu du travail présenté par le cutter et son cheval, par rapport aux critères évoqués plus haut, vaut 2 ou 3 points de crédit négatif. Les pénalités sanctionnent en réalité des fautes bien précises que le cutter a pu commettre au cours de son run. Ces pénalités sont clairement définies par les règles NCHA. Pour expliquer simplement les choses, le juge évalue d'abord la qualité du run content puis ensuite il retranche les éventuels points de pénalités . 

On distingue trois grands types de pénalités : les pénalités à 1 point,  à 3 points et à 5 points. Parmi les pénalités à 1 point, on peut citer par exemple le "miss" qui sanctionne chaque retard, chaque perte d'avantage, du cheval sur le veau. Si le cheval doit produire un gros effort pour rattraper la vache et si pendant un instant il court après elle plutôt que de la contrôler, le juge sanctionne cette faute par un point de pénalité pour miss. De même, si le cavalier utilise sa main pour guider le cheval alors qu'il travaille une vache, le juge sanctionne chaque action de main d'un point de pénalité pour "reining". Les pénalités à 3 points sanctionnent des fautes plus graves comme le "hot quit" qui consiste à quitter une vache en dehors des conditions autorisées ou la "back fence" qui sanctionne le fait que le cheval ait perdu le contrôle du veau et que ce soit le mur du fond de l'arène qui empêche la vache de rejoindre le troupeau. Si le cheval perd une vache, si il quitte de son propre chef une vache qu'il travaille ou si le cavalier ne parvient pas à trier une vache qu'il a choisi et qu'il a désigné, le juge applique 5 points de pénalités. 


Chaque fois que le juge observe une faute commise par le cutter, il remplit la feuille de juge et note la pénalité qui sanctionne cette faute. A la fin du run, il détermine le crédit à partir de l'évaluation du run content qu'il a rempli tout au long du passage du concurrent, puis il soustrait les points de pénalités et arrive ainsi à la note finale. Pour illustrer tout cela, on peut imaginer un run ou je  trie 3 vaches. Je trie et je travaille mes deux premières vaches au centre avec style et le challenge proposé par les vaches est important. Le juge m'accorde des + en degré de difficulté, en tri, en eye appeal et en contrôle de la vache pour évaluer mon run content. A cet instant du run, je totalise par exemple selon le juge + 5 points de crédit. Le tri de ma dernière vache est mauvais, elle se met à courir et deux fois mon cheval est en retard. Juste avant le buzzer de fin, la vache me prend de vitesse et il me faut l'aide du mur du fond pour que la vache ne rejoigne pas le troupeau. Mon run content redescend immédiatement après cette mauvaise troisième vache avec des - en tri et en contrôle de la vache. L'évaluation finale de la qualité de mon run me ramène par exemple à seulement + 2 points de crédit. A ce score de 72 points viennent se déduire deux fois 1 point de pénalité pour miss et 3 points de pénalités pour back fence qui sanctionnent les fautes commises sur la dernière vache. Le score final est donc de 67 points un fois le total de 5 points de pénalités déduit. 

Les scores et la théorie de la relativité

Un score évalue la qualité propre d'un run. Tous les scores au dessus de 70 récompensent des runs durant lesquels le cutter et son cheval ont proposé un travail au dessus de la moyenne sur certains des critères qui déterminent un bon run de Cutting : le tri, le contrôle des vaches, le style ou le courage par exemple. Les scores en dessous de 70, au contraire, indiquent un travail en dessous de la moyenne sur ces critères ou alors sanctionnent une ou plusieurs fautes commises. Les critères pour évaluer le run content ainsi que les différentes pénalités sont les mêmes pour tout le monde ce qui assure une évaluation objective de chaque run. 

Néanmoins, le rôle d'un juge est aussi d'établir un classement. En conséquence, il évalue, certes la qualité de chaque run, mais il juge aussi la qualité des runs les uns par rapport aux autres. Pour déterminer un classement, il doit hiérarchiser la qualité du travail proposé par les cutters. Chaque juge possède sa propre échelle de valeur. Ce qui rapporter un + chez un juge sera peut être juste noté average chez un autre juge plus sévère. Ce qui compte finalement, c'est que ces deux juges établissent un classement identique. Ce qu'on attend avant tout d'un juge c'est qu'il décide d'un classement qui soit juste. Pour cela, il évalue bien évidement chacun des runs, mais il doit aussi les comparer entre eux et les hiérarchiser. C'est facile à faire quand on juge une épreuve avec dix inscrits, cela devient bien plus dur quand on doit juger plusieurs groupes de cavaliers. Dans ce cas, l'évaluation du run content est très importante. Bien qu'elle laisse la place à une certaine subjectivité, à un ressenti qui est propre à chaque juge, elle doit néanmoins s'intégrer dans une échelle de valeur qui permet d'établir un classement qui soit le plus juste possible.

L'utilisation de la vidéo

Toutes les épreuves NCHA sont intégralement filmées. En cas de doute sur une pénalité majeure durant le passage d'un concurrent, le juge peut demander à visionner la vidéo de ce passage pour déterminer avec certitude si le concurrent a commis une faute ou non. 


De même, un concurrent qui estime que le juge a commis une erreur peut demander à ce que la vidéo de l'épreuve soit réexaminée. Les videos des différentes classes sont envoyées à la NCHA à la fin du show et conservées afin de permettre à quelqu'un de poser une réclamation si il estime que le juge s'est trompé. 

Vous pouvez voir ici une feuille de juge remplie, à droite on distingue les + et les - évaluant le run content, à leur gauche on trouve les lettres des pénalités dont la légende se trouve juste au dessus.

Week-end Shows ou Age Events ?


Le système des classes permet à chaque cavalier de cutting de trouver une épreuve à son niveau. Ces classes se déroulent dans le cadre de concours approuvés par la NCHA. Là aussi, il a fallu mettre en place un système progressif avec des concours de taille et d'importance différentes. Le parti pris de la NCHA a été de réserver la quasi exclusivité des gros concours, offrant les plus belles primes, aux jeunes chevaux. Ce sont ce que nous appelons les Limited-age Events qui sont réservés aux chevaux de 6 ans ou moins. A côté de ce circuit de grands concours, un circuit de plus petits concours permet aux cutters de pratiquer leur sport favori chaque week-end aux 4 coins des Etats-Unis. Nous appelons ces concours les Week-end Shows.

Les Limited-Age Events ou Aged Events

Ces concours sont réservés à des chevaux d'un certain âge. On distingue les Futurities qui voient s'affronter des chevaux de 3 ou des jeunes 4 ans, les Derbys qui sont réservés aux 4 ans et enfin les Classics ou les Maturities qui sont réservés aux chevaux de 5 et 6 ans. La plupart du temps, les Aged Events offrent des primes très importantes ce qui implique des prix d'engagement élevés. Les trois plus prestigieux Aged Events sont organisés directement par la NCHA USA et constituent ce qu'on appelle les Major Events que chaque cavalier rêve d'ajouter un jour à son palmarès : le NCHA Futurity, les NCHA Super Stakes, le NCHA Summer Spectacular parfois appelé NCHA Derby. L'Everest du Cutting est de parvenir à remporter ces trois titres dans l'année avec le même cheval et de remporter ainsi la "triple crown", comme le firent DOCS OKIE QUIXOTE, SMART LITTLE LENA, ou CHIQUITA PISTOL. Les Aged Events se composent souvent de une ou deux manches éliminatoires préliminaires, appelés Go, dont les scores cumulés ouvrent les portes de la demi finale ou directement de la finale. Traditionnellement, les chevaux débutent leur carrière de Aged Events avec les Futurities organisés à partir d'Octobre de leur année de 3 ans puis ils passent aux Derbys à 4 ans avant de finir leur carrière de Aged Events à 5 ou 6 ans avec les Classics. Les meilleurs chevaux peuvent totaliser jusqu'à $ 600 000 de gains à la fin de leur carrière en Aged Events. 


Les Week-end Shows

Ici il n'y a aucune restriction en matière d'âge même si dans les faits la plupart des chevaux débutent les Week-end Shows à partir 7 ans au terme de leur carrière de Aged Events. Les Week-ends Shows, souvent des concours plus modestes que les Aged Events, sont organisés la en général les Vendredi, Samedi et Dimanche chaque week-end par des associations locales membres de la NCHA partout aux Etats-Unis et également en Europe. Misant souvent sur une atmosphère décontractée, ils permettent à tous les cutters, débutants comme confirmés, de pratiquer leur sport favori avec des prix d'engagement bien plus raisonnables qu'en Aged Events. Les meilleurs chevaux et les meilleurs cutters de Week-end Shows sillonnent toute l'année les Etats Unis et totalisent des gains pour se qualifier pour les NCHA World Finals. Les meilleurs chevaux en Open peuvent participer à plus de 100 Week-end Shows sur une année, chaque jour de concours est considéré comme un Show en NCHA, pour totaliser parfois plus de $ 100 000 à la veille des finales en fin d'année. Ces finales, qui représentent le sommet des Week-end Shows, décernent les titres de champions du monde NCHA pour chaque classe : NCHA World Champion Open, Non Pro, Amateur, Novice Horse, Youth .... Ce titre, aussi prestigieux qu'un titre de Major Aged Events, récompense la régularité puisqu'il impose de scorer 74 ou 75 pratiquement chaque week-end. Beaucoup de Week-end Shows aujourd'hui ajoutent des classes de Aged Events à leur programme. Il s'agit en fait de petits Aged Events organisés dans le cadre d'un Week-end Show. Ils sont réservés aux jeunes chevaux qui n'ont pas forcément le niveau ou l'expérience suffisante pour s'aligner dans les Aged Events plus importants. Ces épreuves sont aussi une façon de faire la transition entre les Aged Events et les Week-end Shows. Grâce aux classes novice horse, les chevaux peuvent lorsqu'ils débutent les Week-end Shows s'aligner dans des classes pour chevaux novices comme le $ 3000 Novice Horse ou le $ 10 000 Novice Horse. 

19 nov. 2008

Une question de classe


Aux prémices du Cutting moderne, il n'y avait qu'une seule catégorie, une seule classe, qui voyait tous les concurrents s'affonter. Tout le monde avait le droit de participer à l'image de ce qui se fait aujourd'hui dans la classe Open. Cela demandait donc beaucoup de courage à un débutant pour aller se frotter aux cowboys, nés sur cheval ou presque, qui trustaient déjà à cette époque les premières places. A mesure que la popularité de ce sport grandissait, un système de classe progressive a été mis en place pour donner plus de chances à chacun de se faire plaisir. Pour déterminer qui était éligible pour chaque type de classe, la NCHA s'est basée soit sur les gains des chevaux en Week-end Shows, les gains en Aged Events ne comptent pas pour déterminer l'éligibilité, soit sur les gains des cavaliers. On peut distinguer deux grands types de classes sur les concours NCHA.

Les classes pour les chevaux

  • Open

N'importe quel cheval, quelle que soit sa race, sa couleur, sa conformation ou son âge,  qui appartient à un membre de la NCHA peut participer aux classes Open. La majorité de ces chevaux sont montés en Open par des entraîneurs professionnels qui peuvent concourir avec leurs propres chevaux ou bien avec les chevaux de leurs clients. Les Non Pros et les Amateurs peuvent également s'inscrire en Open mais avec leur propre cheval. 

  • $ 3 000 Novice

Le cheval doit totaliser moins de $ 3 000 de gains en Week-end Show (Les gains en Limited Age Events ne comptent pas) au début de l'année. Il n'est pas rare de voir les meilleurs chevaux de Limited Age Events participer à ces classes à partir de l'âge de 7 ans.

  • $ 10 000 Novice

Le principe est le même que pour la classe précédente. La limite des gains est cependant fixée à $ 10 000.

  • $ 10 000 Novice Non Pro

Cette classe reprend la limite de gains du cheval de $ 10 000 de la classe précédente. Cependant, le cavalier doit impérativement être Non Pro et donc être propriétaire de son cheval.


Les classes pour les cavaliers

  • Non Pro

Cette classe autorise les titulaires d'une carte de Non Pro à s'inscrire avec n'importe quel cheval. Il n'y aucune restriction en termes de gains, ni pour le cavalier, ni pour le cheval. Le cavalier doit être un Non Pro et donc à ce titre il ne peut monter qu'un cheval qui lui appartient. 

  • $ 20 000 Non Pro

Cette classe est réservé aux cavaliers Non Pros qui totalisent moins de $ 20 000 de gains au début de l'année

  • $ 50 000 Amateur

Les cavaliers de cette classe doivent être titulaires d'une carte d'Amateur et ils ne peuvent compter plus de $ 50 000 au début de l'année. On distingue un Amateur d'un Non Pro principalement par le fait qu'un Amateur ne peut compter dans sa famille proche (époux, épouse, père ou mère) un entraîneur professionnel. 

  • $ 10 000 Amateur

Le principe est le même mais la limite de gains pour le cavalier est fixée à $ 10 000.

  • $ 2 000 Limit Rider

Cette classe a pour vocation de permettre à n'importe qui de s'essayer au Cutting. Elle est donc réservée avant tout aux débutants. Ils peuvent monter leur propre cheval ou bien monter un cheval qui leur est prêté par un autre membre de la NCHA. Le cavalier ne doit pas totaliser plus de $ 2 000 de gains au début de l'année mais il n'y a aucune restriction de gains concernant le cheval. 

  • Senior Youth

Cette classe est réservée aux cutters qui ont entre 14 et 18 ans au début de l'année. Il peuvent prendre une carte de la National Youth Cutting Horse Association. Les youths peuvent monter les chevaux d'autres membres de la NCHA. Ils peuvent également concourir en Open, en Non Pro ou en Amateur du moment qu'ils respectent les conditions de ces classes. 

  • Junior Youth

Cette classe fonctionne exactement comme la classe précédente mais elle est réservée aux cutters agés de 13 ou moins ou début de l'année. Certains cavaliers commencent le Cutting à 4 ans. 

Cutting : les bases et les principes


Une des premières choses qu'un cutter doit apprendre c'est à lire le bétail

Tous les cutters passent autant de temps à cheval qu'à étudier le bétail. Bien que beaucoup de Non Pro demandent à leurs 4 aides de les conseiller, ils regardent quand même le bétail chaque fois qu'ils peuvent pour se préparer mentalement à aller cutter.  Les shows NCHA imposent des règles strictes sur le choix du type de bétail. Les Major Events aux Etats-Unis utilisent exclusivement des jeunes génisses du même âge, de la même taille et de races qui proviennent principalement de croisements à base de Angus et de Hereford. Les concours plus petits ont recours à une plus grande variété à niveau des veaux, avec à la fois des mâles et des femelles dont l'âge est idéalement compris entre 4 mois et 2 ans.

Avant le début de l'épreuve, les cutters aiment généralement regarder le troupeau durant sa préparation. Cela permet de se faire une bonne idée du bétail que l'on va devoir travailler. Si'il forme un troupeau bien compact avec des veaux qui restent très proches les uns des autres, les cavaliers parlent alors d'un troupeau qui est "sticky". Avec ce type de bétail, il sera probablement difficile de séparer un groupe et de le conduire hors du troupeau mais il sera par contre plus facile de déplacer l'ensemble du troupeau. Si le bétail se montre au contraire très agité, il faudra prendre alors beaucoup de précautions pour ne pas l'affoler lorsqu'on le déplace sous peine de le voir se disperser dans toutes les directions. Observer le bétail lors de sa préparation permet également aux cutters de repérer les animaux qu'ils préfèrent éviter de travailler. Cela permet enfin de noter les individus qu'on estime les meilleurs pour pouvoir décrocher un bon score.


Le bétail est évalué en fonction de son apparence, exactement de la même manière que l'on juge la conformation d'un cheval. Les cutters expérimentés et les cattlemen éviteront par exemple les individus qui semblent en mauvaise condition ou en mauvaise santé. Un veau qui ne semble pas en bonne forme pourra se révéler lent, obstiné ou trop mou. Tout ce qu'un cutter veut éviter à tout prix car cela ne mettra pas son cheval en valeur. Au contraire, on va rechercher les veaux qui semblent en pleine forme avec un un oeil vif et malin. Les meilleurs individus se montrent curieux et attentifs aux mouvements des chevaux qui les entourent. Ils ne paniquent pas et s'écartent sans agitation. Les veaux qui ne craignent pas les chevaux sont connus sous le nom "d'alligators" et doivent être évités à tout prix. Les veaux apathiques, qui restent sans aucune réaction face aux mouvements des chevaux, sont également à ranger dans la case des mauvaises vaches. C'est très difficile pour un cheval de rester concentré sur un alligator ou un veau apathique. L'alligator forcera toujours le passage, le veau apathique de son côté ne s'intéressera pas assez au jeu. Pour pouvoir réussir un bon score, le cavalier doit donc avant tout trier une vache qui s'intéresse au cheval et cherche à le déborder pour rejoindre le troupeau. 

Une bonne vache ne réagit pas trop violemment aux mouvements du cheval ou du cavalier. Elle est assez futée pour respecter la présence du cheval mais assez joueuse pour chercher une porte de sortie. Ce type de vaches va toujours regarder le cheval avant de bouger. Une mauvaise vache, au contraire, va se tenir à l'écart et chercher à s'enfuir sans même un regard pour le cheval. Si on trie ce genre de vaches, elle risque de s'éloigner du cutter et de chercher à contourner les turn-backs pour s'enfuir. Heureusement, un cutter peut apprendre beaucoup du bétail qu'il va travailler rien qu'en regardant comment il réagit aux déplacements du cavalier qui le prépare avant l'épreuve. Quand on passe dans les derniers, on peut également regarder quelles vaches les autres cavaliers ont choisi de travailler.


Dans la mesure ou la plupart des vaches ont tendance à se suivre et que très peu d'entre elles sont des leaders, il est possible d'un séparer un groupe et de le conduire hors du troupeau en lui faisant suivre un certain parcours avec l'aide des herd-holders et des turn-backs. Cela permet au cutter d'avoir la possibilité de trier une vache bien précise qu'il a choisi avant d'entrer dans le troupeau. Pour se faire cette vache doit absolument être bien située dans le troupeau et ensuite bien placée dans le groupe qui en sort. Si ce n'est pas le cas, le tri de cette vache sera alors difficile voir impossible. Une autre option consiste à réaliser ce que nous appelons une "shape cut", c'est à dire à trier la dernière vache qui reste face au cheval. Si le cutter entre par le fond du troupeau et commence à conduire un groupe de veaux vers le centre de l'arène, le rôle des herd-holders consiste alors à se rapprocher du cutter et à avancer avec lui pour diriger le groupe vers l'avant dans la direction souhaité. Certaines vaches vont commencer à s'écarter sur un coté et à retourner vers le troupeau. Les veaux qui se trouvent devant le cutter vont avoir tendance à suivre un veau leader qui lui  continue à avancer. Le cutter doit impérativement rester bien attentif à ce leader. Il doit le repérer et utiliser ses mouvements à son avantage car c'est lui qui guide le groupe. Ce n'est pas nécessaire, ni même souhaitable, qu'il soit juste devant le cutter. Bien souvent il sera devant avec à sa suite d'autres veaux. Le principe est alors de garder le groupe de veaux en mouvement vers l'avant et vers le centre de l'arène jusqu'à ce qu'on se soit assez éloigné du troupeau pour choisir la vache que l'on souhaite trier. Si tout s'est déroulé avec fluidité et dans le calme sans que le bétail soit effrayé, le cutter pourra alors désigner une vache immobile qui s'est un peu écartée du groupe. Si le bétail est sticky, le cutter devra  provoquer cette séparation en avançant de quelques pas sur la vache qu'il souhaite trier. 

Les chevaux et les vaches

Puisque les chevaux sont des animaux qui vivent en groupe, il est naturel pour eux de répondre à l'instinct de troupeau des veaux lorsqu'ils les travaillent. Certains chevaux ont un instinct de troupeau plus développé que d'autres. Mais même lorsque cet instinct est fort, si un cheval n'éprouve pas le désir de travailler les vaches, il ne fera jamais un bon cheval de cutting. Il est vrai que peu de chevaux domestiques aujourd'hui vivent en groupes, comme ils pourraient le faire à l'état naturel. Ils conservent pourtant toujours des instincts de troupeau. C'est par exemple flagrant avec les juments et leurs poulains. Les mères éloignent instinctivement leurs poulains des dangers potentiels. Elles peuvent également éloigner d'autres chevaux. Cette attitude  est exactement la même dans la nature et dans l'arène de cutting. Les chevaux ont en sens inné du timing et de l'évaluation des distances. Ils savent réagir naturellement aux mouvements basiques d'une autre créature vivante, que ce soit un homme, un chien ou un autre cheval. La seule façon d'obliger une autre créature à se déplacer dans une direction voulue, c'est de se déplacer parallèlement à elle en restant au niveau de sa tête, dans une zone comprise entre le cou et l'épaule. D'autres attitudes caractéristiques de l'instinct de troupeau consistent à baisser les oreilles, mordre, allonger l'encolure et la tête comme peut le faire un étalon qui poursuit un autre cheval. Le fait de mordre est pénalisé, mais l'ensemble des autres postures est courant en compétition. Il est toujours préférable qu'un cheval pointe ses oreilles vers le veau qu'il travaille. Cela montre qu'il est curieux et attentif. Cependant, certains grands chevaux comme ALL THAT JAZZ, 1990 NCHA Non Pro Futurity Champion, travaillait avec les oreilles en arrière dans une posture très menaçante.  Spencer Harden disait d'elle : "Elle est le petit cheval avec le plus gros coeur que j'ai jamais monté. Elle est très gentille jusqu'à ce que vous baissiez votre main et que les oreilles se plaquent vers l'arrière.".


Un cheval sans aucune pénalité et qui respecte tous les fondamentaux évoqués jusqu'ici finira toujours par rapporter une belle place. Mais il manque encore un petit quelque chose pour atteindre les sommets des plus grands runs. Parfois, ce sera un gros coeur, du courage, qui feront la différence. C'est quelque chose que l'entraînement ne pourra jamais transmettre.  Un cheval pourra aussi gagner des points grâce à son style qui le distingue du commun des chevaux. Les cutters parlent alors pour ces chevaux "d'eye appeal" pour évoquer cette capacité à se déplacer avec style. Un cheval qui possède un bon eye appeal se montrera très alerte, très attentif lorsqu'il travaille un veau au centre de l'arène. Il va généralement se tapir dans un attitude très féline pour contrer et défier le veau. Certains chevaux vont se mettre à trembler en face du bétail, prêts à anticiper le moindre mouvement et à bondir. Une autre qualité recherchée chez un bon cheval de Cutting peut également être la capacité à inciter une vache à bouger sans la menacer et sans l'effrayer. Un cheval qui se montre trop agressif intimidera la vache et la poussera à courir. Les cutters parlent à ce propos de chevaux qui ont la capacité d'attirer une vache, de véritablement l'aimanter. De la même façon certains chevaux sont presque capable de l'hypnotiser. Face à de tels chevaux, la vache cherche toujours à retourner dans le troupeau mais elle semble comprendre que c'est le cheval qui détient la clef du passage. Elle va alors se mettre à esquiver et à feinter devant le cheval pour trouver un passage par lequel s'échapper. Cette capacité à aimanter les veaux dépend du "cow sens" dont le cheval dispose naturellement. Le cow sens, dans notre jargon, définit un certain talent, une capacité à anticiper le moindre mouvement des veaux. Les cutters parlent alors d'un cheval qui sait lire une vache, qui est "cowy" ou "cow smart". 



Le cow sens découle probablement de l'instinct de troupeau ancestral des chevaux. La plupart des cutters estiment que c'est une qualité héritée des parents. D'autres pensent que cela reflète simplement des qualités d'intelligence et de curiosité qu'on retrouvent très affirmées chez certains chevaux. Quelle que soit l'origine du cow sens, certains chevaux en ont à revendre. Kobie Wood explique à propos de son étalon CASH QUIXOTE RIO, deux fois champion du monde NCHA, avec lequel il avait pour habitude de réaliser des démonstrations sans bride : "Il est fabuleux. Il sait ce qu'une vache va essayer de lui faire, parfois même avant que la vache ne le sache elle-même !".

Le rôle du cavalier

Un cavalier qui sait aborder la compétition de manière détendue aide son cheval autant qu'il s'aide lui même. La tension nerveuse engendre de la rigidité et de la résistance qui se propage du cavalier au cheval à travers la selle, les reines et les jambes. A ce titre, l'échauffement est aussi important pour le cavalier que pour le cheval. Dérouler une certaine routine permet au cavalier de préparer son cheval tout en se relaxant lui-même.



Quelques minutes avant de passer, certains cavaliers aiment bien finir de préparer leur cheval en lui demandant de reculer, de tourner des deux cotés. Cela sert avant tout à préparer le cheval mentalement à aller travailler les veaux et cela lui passe le message : "en piste dans deux minutes". 

Entrer dans le troupeau

Un cutter peut entrer dans le troupeau par la gauche, la droite ou le milieu.   Le règlement impose d'aller trier profondément au moins une fois au coeur du troupeau, la plupart des cavaliers exécutent cette "deep cut" lors de leur premier tri en pénétrant dans le troupeau jusqu'au mur du fond pour en sortir ensuite un groupe de veaux. Si vous passez premier sur un groupe de vaches fraîches, vous voudrez prendre plus de temps que si vous passez derniers car la plupart des vaches seront alors habituées au travail des chevaux. Lorsque l'on passe dans les premiers, le bétail peut être nerveux et risque de se disperser à l'approche du cheval. Déplacez vous très lentement, pas à pas, et observez bien le bétail. Les juges veulent voir un tri qui s'effectue dans le calme. Gardez un oeil sur le chef du troupeau et sur les vaches que vous désirez trier.  Les herd-holders vont vous aidez à les faire avancer mais ne perdez jamais de vue que c'est vous qui êtes assis dans le siège du conducteur. N'oubliez pas non plus que votre objectif est d'isoler une vache si possible arrêtée, au centre de l'arène et suffisamment loin du troupeau. 

Les pros choisissent souvent leurs vaches avant de rentrer dans le troupeau. Ils réalisent leurs tris en cherchant à isoler des vaches bien précises qu'ils souhaitent travailler. Pour un débutant, il est toujours préférable de conduire un groupe de 5 à 15 vaches au centre de l'arène, d'attendre ensuite  qu'elles rejoignent calmement le troupeau et de trier une des traînardes qui restent arrêtées au centre. Les cutters appellent cette technique : "cutting for shape". Bien souvent, il restera 2 ou 3 vaches et le cavalier devra alors en désigner une en avançant d'un ou deux pas vers elle. Cela aura pour effet de l'isoler et de pousser les autres à rejoindre le troupeau pour que le travail puisse commencer. Les herd-holders doivent rester attentifs et aider à évacuer ces vaches restantes le plus vite possible. Si vous vous retrouvez avec deux vaches collées l'une à l'autre et qui refusent de se séparer, bougez le moins possible et restez calme jusqu'à ce qu'elles finissent par se séparer. 



Le tri, activité essentielle dans le travail de ranch, est devenue en compétition  un exercice dans lequel vous pouvez prendre beaucoup de points mais également en perdre beaucoup. Si vous désignez une vache avant d'en trier finalement une autre, ou si vous la désignez et qu'elle parvient à rejoindre le troupeau, les juges appliquent une pénalité de 5 points. La majorité des cavaliers novices préfèrent jouer la sécurité et trier le veau qui veut bien rester en face d'eux. Avec l'aide de bons herd-holders, ils finiront par arriver à trier les vaches qu'ils souhaitent. Si vous informez à l'avance vos aides des vaches que vous souhaitez travailler, le tri devient plus facilement un vrai travail d'équipe. Vos 4 aides peuvent alors vous aider à placer les veaux au sein du groupe de façon à ce que les bonnes vaches soient celles qui restent les dernières face à votre cheval au centre de l'arène. 

Choisir une vache

Le signe le plus évident pour désigner une vache c'est bien sûr lorsque le cavalier baisse la main qui tient les reines et la pose sur l'encolure du cheval. Selon le règlement NCHA, deux mouvements en direction d'une vache, ou même un seul envers un animal qui indique clairement qu'il a été choisi par le cavalier, suffise au juge pour déterminer quelle vache le cutter a choisi de trier. Si le cavalier avance vers un groupe de vaches pour les arrêter, on ne considérera pas qu'il a désigné une vache bien précise. Si des vaches naviguent entre la vache que vous avez choisi et votre cheval, il est préférable de relever la main et de bien isoler à nouveau la vache qu'on souhaite travailler. Cela coûtera un point de pénalité pour "reining" mais c'est toujours mieux que de finir par perdre sa vache si le cheval en change.

Trier

La meilleure position pour trier une vache se situe au centre de l'arène à mi chemin entre le troupeau et le juge. Parfois, si le cutter désigne une vache qui tente de s'échapper sur un coté, il peut sauver la situation en la ramenant petit à petit au centre de l'arène. Selon les circonstances, il pourra bénéficier de crédit de la part des juges pour avoir témoigné du courage dans une situation à risque. Au pire, il ne sera pas pénalisé si il parvient à ne pas perdre la vache.

Poser sa main et laisser le cheval travailler

Jusqu'à ce moment, tout s'est déroulé lentement et dans le calme. Une fois que le cutter relâche ses reines et pose sa main, c'est une toute autre histoire qui commence. Bazy Tankersly explique que selon lui monter un cheval de cutting est plus amusant que de monter sur des montagnes russes, car le wagon se contente de suivre les rails. Personne ne peut prévoir comment une vache va réagir une fois qu'elle se retrouvera seule en face d'un cheval dans une arène avec les lumières et le bruit des spectateurs. Tout le jeu repose sur son désir naturel de rejoindre ses congénères. Le cheval doit prendre l'initiative de suivre et de contrer ses mouvements. Les bons chevaux de cutting peuvent lire une vache et anticiper ses mouvements. A ce moment, le cavalier doit avant tout rester concentré sur la vache et ne jamais la quitter des yeux. Il doit être détendu, bien assis dans sa selle, les pieds bien calés dans les étriers en restant le plus souple possible pour accompagner de son mieux les mouvements du cheval. Il faut garder en tête que la première qualité d'un cavalier est de ne jamais géner son cheval. Cela demande une excellente assiette un bon sens du timing et de l'équilibre. Bien que le cutter regarde la vache, il ne doit pas bouger le haut de son corps. Seule sa tête bouge pour la suivre des yeux, le corps reste le plus droit possible en toutes circonstances. 


Les jambes doivent rester décontactées avec les talons bien bas et les pied tournés vers l'extérieur prêts à agir pour pousser le cheval ou le guider. La main qui ne tient pas les reines est solidement accrochée à la corne de la selle. Le poignet doit rester droit alors que le coude et l'épaule sont bien souples. Dans le feu de l'action, les meilleurs cavaliers de Cutting semblent rester passagers. Les apparences sont souvent bien trompeuses. Le cavalier bouge bien en harmonie avec le cheval, mais cette harmonie est travaillée. La flexibilité, la décontraction, la souplesse restent les clefs pour rester bien en rythme avec le cheval. Lorsque le cheval se déplace avec la vache, le mouvement pousse le cavalier à bouger dans sa selle. S'il est bien assis, au centre de la selle, il peut utiliser la corne pour absorber les chocs et pour maintenir son centre de gravité le plus droit possible. Ainsi quand le cheval stoppe, le cavalier pousse la corne de la selle et s'assieds profondément pour aider son cheval à stopper. Quand le cheval sort d'un stop ou d'un tournant, le cavalier tire sur la corne et se penche légèrement en avant pour accompagner le mouvement et encourager le cheval. Acquérir cet équilibre et ce rythme demande du travail car c'est très subtil. Par contre, comme pour la bicyclette, une fois qu'on a compris comment ça marche on ne l'oublie jamais. Chaque cheval est différent,  vous devrez ajuster votre équilibre à chacun d'entre eux. 


Bien que ce soit le cheval seul qui prenne l'initiative de suivre la vache, le cavalier doit ajuster la vitesse, l'ampleur et le timing des déplacements avec ses jambes ou son assiette puisqu'il n'a pas le doit d'effectuer d'actions de mains. Si le cheval se rapproche trop du troupeau, le cutter peut le pousser à s'en écarter et à avancer vers la vache avec sa jambe coté troupeau appelée aussi "herd side leg". Si le cheval est en retard par rapport au veau, le cutter peut donner des deux jambes pour le pousser à rattraper le veau. Le revers de la médaille avec les actions de jambes, en particulier avec des cavaliers débutants ou de chevaux novices, c'est qu'on risque de pousser le cheval trop loin, de le conduire à dépasser le veau. La meilleure chose à faire pour un amateur est donc dans un premier temps de suivre au maximum le timing du cheval et de ne donner des jambes que quand c'est absolument nécessaire. 

Quitter une vache

Apprendre quand quitter une vache, c'est à dire quand arrêter de la travailler, c'est un peu comme acquérir le bon timing à cheval. Cela ne peut se faire qu'en s'entraînant. Un débutant peut cependant apprendre beaucoup en regardant les autres cavaliers et en lisant le règlement. Les règles du Cutting établissent que l'on peut quitter légalement une vache dans trois situations : quand elle est clairement à l'arrêt, quand elle est le dos tourné au cheval ou alors quand elle s'éloigne du cutter au delà de la ligne de temps. Par déduction, il y aura hot quit et donc 3 points de pénalité si le cutter quitte une vache dans n'importe quelle autre situation. Il est cependant très important de bien comprendre l'esprit et les nuances de cette règle du hot quit. Un cutter peut quitter une vache qui s'est arrêtée. Si cette dernière stoppe puis se tourne immédiatement vers votre cheval, il est interdit de la quitter sous peine d'être pénalisé par les juges d'un hot quit. Si au contraire, elle stoppe et tourne en s'éloignant de vous, vous pouvez la quitter sans risque d'être pénalisé. Il n'est pas nécessaire que la vache soit arrêtée avec les quatre pieds posés au sol, il est toute de même fort probable que si elle garde un pied en l'air elle soit susceptible de bouger à nouveau très rapidement. Là encore, c'est à vous de savoir prendre le moins de risque possible. 

Parfois, une vache assez vive peut vous jouer un mauvais tour et commencer à s'éloigner avant de se diriger à nouveau droit vers vous au moment où vous levez la main pour quitter. Dans ce cas, la meilleure option est de reposer votre main et de demander au cheval de continuer à travailler cette vache. Cela coûte 1 point de reining mais c'est toujours mieux que 3 pour hot quit. Bien évidemment, si la vache est trop proche du cheval, il vaut peut être mieux quitter quand même plutôt que de risquer de la perdre et de prendre 5 points de pénalité. Les bonnes vaches sont joueuses, elles cherchent à rejoindre le troupeau mais elles ne paniquent pas pour autant. Elles sont assez malignes pour comprendre que le cheval et le cavalier leur bloquent la route mais assez naïves au départ pour rechercher un moyen facile de les contourner. Avec un peu de chance, une bonne vache va se mettre à danser et à feinter devant le cheval en cherchant une porte de sortie pendant 15 ou 20 secondes. Après cet effort, si c'est une bonne vache, elle va soit s'arrêter soit se rendre. C'est alors le bon moment pour la quitter.  Si c'est une moins bonne vache ou si vous décidez de la pousser dans ses retranchements, elle va commencer à chercher une solution plus difficile en cherchant à courir pour déborder le cheval ou passer le long des barrières.

Il est très important que le cutter soit lucide pour décider à quel moment quitter. Quand l'attention de la vache s'éloigne du cheval, il est trop tard et les ennuis commencent. Cela donne toujours une meilleure impression aux juges de quitter une vache qui restait encore un peu joueuse que d'être obligé de quitter en catastrophe une vache qui est épuisée et qui s'échappe. Savoir quand quitter est donc très important, autant que de savoir comment. Si le cutter trie une vache sauvage, ou qui se met à courir dans tous le sens, il est recommandé de quitter dès que l'occasion se présente. Dans une telle situation si la vache ne vous donne aucune occasion de la quitter, les secondes vous sembleront vite être des minutes. Savoir comment et quand quitter c'est souvent ce qui fera la différence entre gagner et perdre. 

S'entraîner pour progresser

Une fois que vous serez familiers avec les bases et les grands principes du Cutting, plus vous aurez l'occasion de monter à cheval et plus vous progresserez. Même si on ne dispose pas de bétail à la maison, il existe bien d'autres façons de travailler. Une fois arrivé en concours et qu'il faudra se lancer dans l'arène, ce travail vous aidera. Ne manquez jamais l'opportunité de prendre des conseils autour de vous. Les turn-backs, les herd-holders, les autres cutters seront vous guider et vous conseiller tant que n'aurez pas assez d'expérience. N'hésitez pas non plus de votre côté à proposer votre aide comme turn-back ou herd-holder, vous apprendrez autant dans cette position que lorsque vous cuttez. Si vous ne devez retenir qu'une chose c'est d'ailleurs celle-ci : ne rater jamais une occasion d'étudier le bétail car c'est principalement ce qui fera gagner ou perdre une fois dans l'arène. 

Source : Sally Harrison