Tournée européenne
Originaire du Sud du Texas, l’entraîneur Scott Ferguson avait quelques doutes quand la Non Pro Petra Evans lui a présenté des allemands qui sillonnaient le marché américain à la recherche d’un cheval de Cutting. L’aventure s’est terminée par la vente de BINGO PIE, une jument qui avait gagné environ $ 10 000. Cette transaction lui a valu également une invitation à monter ce cheval lors d’Americana 2008 à Augsburg en Allemagne. Scott y a atteint la finale en Septembre dernier.Scott Ferguson, qui compte plus d’un million de dollars de gains à son crédit ainsi que des titres de NCHA Non Pro Champion et Reserve Champion au Futurity, avait tout entendu sur les conditions de travail en Europe. Le bétail y est principalement manipulé à pied et il entre dans l’arène par une petite porte sur le côté. Bien que préparé au pire, Scott a constaté avec plaisir que le bétail n’était pas aussi mauvais qu’il le pensait : « Le truc en fait c’est qu’il y avait quelques taurillons là bas. Ces taureaux, une fois qu’ils ont travaillé une fois ils sont finis et vous devez ensuite trier en les évitant ». En général, les européens se comportent avec le bétail de façon différente de ce à quoi les américains, les canadiens ou les australiens sont habitués. « Ils sont très prudents » explique Ferguson à propos de la façon dont les européens manipulent le bétail. « J’ai entendu qu’à Americana en 2006, il pleuvait beaucoup dehors et qu’un spectateur s’était ému du fait que le bétail soit dehors sous l’eau. Ils ont donc fait entrer tout le bétail dans la carrière de détente. Plus personne ne pouvait échauffer son cheval car le bétail ne pouvait pas rester dehors sous la pluie ! ».Ferguson a d'ailleurs été surpris plus d’une fois quand il est entré dans le troupeau au cours des ses premières aventures européennes. « Alors que vous concourrez, des gens peuvent marcher autour, à côté du troupeau qui attend. Les gens passent leurs mains dans les barrières, essayent de caresser les vaches alors même que vous êtes en train de shower. Aussi, les gens emmènent leurs chiens partout. Alors que vous cuttez, ces chiens se battent entre eux ». Dans l’aire de practice à Americana, un officiel jugeait l’équipement de chaque cavalier. Les tie-downs ou les mors de filets torsadés étaient interdits. Même le public pouvait donner un coup de main pour surveiller. « Une dame allemande est venue vers moi et s’en ait pris à moi à cause de mes éperons. Elle était choquée par mes éperons. J’ai blagué en lui répondant que je les portait juste pour empêcher mon jean de tomber ».
Malgré ces surprises et ces quelques malentendus, Ferguson a été enchanté par cette expérience de venir monter des chevaux en Europe. « Les conditions m’importent peu. Ils font de leur mieux pour apprendre et c’est ce qui est génial. Ils ont déjà fait un sacré bout de chemin. Ils font vraiment de gros efforts pour que ça marche chez eux. Je vois bien en quoi c’est difficile pour eux d’entraîner des chevaux ». Mais plus que tout, Ferguson a été impressionné par l’enthousiasme de la foule, au moins 2000 personnes lors de la finale. “Il n’y avait pas un seul siege de vide dans tout le bâtiment, c’était presque comme un concert de rock. Si un cheval se ratait, vous pouviez vous entendre penser. Tous les spectateurs étaient à fond dedans.Ferguson s’était fait un point d’honneur à se faire des contacts et cela a payé puisqu’il a ensuite donné un clinic en Italie à la fin 2008 chez l’entraîneur Sheri Mason. Il a aussi été employé par la famille Doering pour un clinic privé en Allemagne. Scott a depuis quelques uns de leurs chevaux à l’entraînement. Ferguson a monté leur cheval KISS MY CAT au concours Q8 de la DQHA à Aachen. Il y a gagné le NCHA Open Championship et le Futurity. En Mai, il est allé en France pour un show et un clinic. Il rentre tout juste d’Israel où il a jugé un show et donné un clinic. erguson a été impressionné par le mal que les européens et d’autres se donnent pour développer le Cutting dans leurs pays. Ça n’a rien d’une tache facile. « Ils n’ont accès facilement au bétail, aux infrastructures ou aux terrains comme nous ici. Pour n’importe quel cutter là bas, je pense que c’est très dur. Le Cutting n’est pas un sport bon marché. Ce n’est pas bon marché ici et ça l’est encore moins là bas. Il semble que tout est plus dur pour ces cutters là mais ils se donnent vraiment à fond ». Entraîner un cheval de Cutting est un défi pour la plupart des cutters en Europe, la plupart se déplacent d’ailleurs aux Etats-Unis pour acheter des chevaux solides et déjà finis. Selon Scott Ferguson, la plupart des cutters qu’il a côtoyés sont très prudents dans leurs achats.« Je trouve qu’ils sont très attentifs à ne pas commettre un erreur. Certains sont venus ici et ont dépensé $ 10 000 dans ce qu’ils croyaient être un cheval de Cutting. Ils l’ont ramené à la maison et ils se sont aperçus qu’on leur avait fourgué un rebus. Ce n’est vraiment pas bon et cela donne une bien piètre image des entraîneurs américains quand cela arrive ». Ferguson insiste pour expliquer qu’il existe un marché solide outre atlantique pour le bon type de chevaux de Cutting.
“Vous devez avant tout trouver un cheval très, très sain », c’est même selon lui le critère le plus important. « Ils n’ont droit à aucun médicament lors des shows et n’utilisent aucun anti douleur. Ils aiment les chevaux avec un gros style mais ils doivent être très, très solides ». Comme il y a peu de Aged Events, la majeure partie de la demande concerne des chevaux un peu plus âgés. « Les chevaux doivent en général avoir 7 ans ou plus et être solides. Mais vous n’avez pas besoin d’un cheval de 75. Le cheval doit surtout être à l’épreuve des balles et sain. Un cheval régulier à 71 ou 72 qui courre, stoppe et lit une vache sera impeccable. Vous devez trouvez un cheval qui soit tolérant avec son cavalier et accepte les erreurs sans broncher ».Durant ses différents séjours en Europe et en Israel, Ferguson a été surpris de voir à quel point les gens perçoivent les hommes de chevaux américains avec une image très dure, très ancienne à la John Wayne. Mais il a été encouragé par leur amour des traditions western.
Scott a été souvent sidéré de constater leur passion pour les chevaux de performance western. « Ils lisent énormément, suivent les concours sur Internet et s’intéressent à tout ce qui touche au Cutting. Certains connaissaient ma carrière, mes chevaux et m’ont posé des tonnes de questions à propos de chevaux que j’ai pu monté ». Monter à l’étranger, pour des shows, des clinics ou pour aider un client, est une expérience que Scott Ferguson recommande à tous les entraîneurs et que chacun devrait essayer une fois dans sa carrière. « Si vous avez la chance de pour le faire, je pense que c’est une super expérience. C’est génial de voyager vers un marché étranger et de voir comment il essayent de le développer ». Oui, bien sûr la langue est une barrière parfois. Ferguson ne parle pas un mot de français, d’italien, d’hébreu ou d’allemand mais il a toujours réussi à se faire comprendre durant les clinics. « Vous devez être patient. Il faut se répéter souvent, parler lentement et utiliser des gestes ou des dessins parfois. Quasiment tout le monde parle un peu anglais et il y a toujours quelqu’un pôur donner un coup de main et traduire. J’ai adoré aider ces gens, aider des gens qui veulent vraiment apprendre. C’est très gratifiant ».
Source : Article "Straight Talk with Scott Ferguson", QH News, Juin 2009
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